Nouvelles


Décembre 2008


dec2008

Un soir, alors que j’attendais mon train de banlieue pour rentrer chez moi, je me suis dit  « voilà, j’ai une heure devant moi, pourquoi ne pas simplement aller marcher sur Paris, priant pour les âmes » à minuit le soir, comme toutes les grandes villes cosmopolites du monde, les rues de Paris sont parsemées de paradoxes. Des familles admiraient les vitrines si réputées des galeries Lafayette alors que tout près d’eux jonchaient sur le sol tout un groupe de roumains endormis dans leurs vieux sacs pourris. Je m’approchais pour saluer l’un d’eux qui, tournant son regard vers moi, souffla la fumée de sa cigarette avant de se jeter au fond de la gorge un peu de vin. Il me tendit la main que sans hésiter je serrais, le cœur bouillant d’amour pour lui. Ce n’était pas la première fois que je ressentais cette sensation de main ferme, cornée et vieillie par la vie.

Sous les lumières de noël, je pouvais toucher les ténèbres de la misère humaine à son plus bas. Ses yeux creux me paraissaient remplis de malice et de pécher. Je savais depuis un bon moment déjà que ces mendiants vivent dans une précarité minée de prédateurs qui  n’hésitent pas à mettre au froid de petits enfants nue pieds sur les plus belles rues de Paris la nuit pour cueillir quelques pièces. Pourtant, cet amour brûlait dans mon cœur pour lui. L’amour ne soupçonne pas le mal. Je ne pouvais donc pas le juger. Après avoir discuté un bon moment et tenté de lui expliquer en quelques mots que Dieu l’aime, je m’éloignais pour prendre le train. La barrière de la langue nous limitait. Sur le chemin du retour, assit dans ce waghon vide, dernier départ de la nuit, fatigué, je me mis à prier, à crier dans mon cœur à Dieu :
« aides-nous, je t’en prie à les aider ! Le monde les rejette, Seigneur tu vois le rejet qu’ils subissent, on les ignore mais toi tu les aimes. Aide-nous à les aider ! Je n’ai rien mais toi tu as tout ce qu’il nous faut»
Assis dans la première rangée de l’église, jeudi après-midi, j’attendais patiemment qu’il arrête de pleurer. Il se leva pour aller chercher un mouchoir. A son retour il était plus calme. Les joues encore bien rouge il se mit à sourire tout doucement et me raconta qu’ils étaient trois équipes. Ils avaient acheté des kadis pour y mettre les polars, les manteaux d’hiver, les savons, dentifrices et autres objets que les sans abris leurs avaient demandés.
Toute l’église , les jeunes et même des gens de d’autres églises s’étaient mobilisés pour nous aider à les aider. Les larmes dans les yeux, ce jeune pasteur des jeunes de Mantes me raconta comment ils cherchaient dans les rues de Paris, ces pauvres venus d’Europe de l’Est, croyant que Paris serait leur ruée vers l’or. On leur avait promit un emploi en retour de deux mois de salaire versés à un chauffeur qui les amènerait dans la ville la plus grande d’Europe et la plus visitée au monde. Une fois sur place, on les abandonna. Maintenant trahis, ils sont réduits à mendier des passants qui les ignorent pour la plupart. Sur ces paroles je ne puis m’empêcher de penser à ses nombreux roumains avec je m’étais entretenus à plusieurs reprises.
Un soir, l’un d’eux m’expliqua pourquoi ils avaient de jolis petits bébés chiens : « monsieur le pasteur, je vais vous dire pourquoi nous avons de petits chiens avec nous. C’est pour attirer les passants. Ils ne nous voient pas mais voient nos chiens. Ils s’arrêtent pour flatter les bébés chiens, puis nous jettent quelques pièces. Les gens ont plus pitié pour nos chiens que pour nous ! »
Les choses ont bien évolués depuis. Sans rien forcer, le Seigneur a élevé trois équipes qui les visitent. N’est-ce pas là le cœur de l’évangile ? n’est-ce pas là ce qu’un chrétien doit faire ?
Dieu est  « le Dieu grand et redoutable, l’impartial et l’incorruptible, qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, et qui aime l’émigré en lui donnant du pain et un manteau » Deutéronomes 10 :18. 
Je ne vous cacherai pas que j’ai entendu aussi des paroles désintéressées de la part de certains croyants depuis que nous sommes en France. Je ne vous cacherai pas non plus que certains ont même eus des propos xénophobe et fatalistes à l’égard de ces pauvres. alors qu’ils attendent que tout se règle, nous irons vers ceux qui souffrent. Nous ne pouvons pas tout leur donner. Nous avons peu de ressources mais ce que nous pouvons faire, nous le faisons, et Dieu a multiplié ! dans les derniers mois, le Seigneur nous a accordé de nourrir maintenant plus de 450 personnes chaque semaine. Plus de 70 bénévoles travaillent maintenant contre la pauvreté à chaque semaine. Le Seigneur a envoyé des donateurs de centaines de manteaux tout neufs ! Zone d’Impact c’est aussi une équipe qui se donne pour les plus démunis.
Joyeuses fêtes





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